La condition des femmes en milieu rural
Les veuves de guerre se retrouvaient seules à la tête d’une exploitation et jamais on ne mesurera l’ampleur du désastre causé par la guerre de 1914-1918. Dans une petite exploitation, tout travail dans la maison lui revient. Les soins aux enfants, leur éducation, parfois l’aide aux parents âgés, ensuite les travaux ménagers : cuisine, lessive, repassage, entretien du linge, fabrication du pain, puisage de l’eau. (Toutes ces tâches sans appareils ménagers). Elle aide aux travaux des champs avec son mari : semailles, sarclage, fenaison, moisson. Elle s’occupe aussi de la basse-cour et du jardin.
Dans les fermes importantes qui employaient beaucoup de personnel, valets, servantes, bergers, le statut de la femme diffère. Toute la responsabilité de la maison lui incombe. Elle a le rôle de patronne, elle est la maîtresse. Elle travaille peu aux champs et assure le bien-être de tous. La femme est conduite au marché en voiture à cheval pour vendre les œufs, fromages, poulets, lapins et le résultat de cette vente procure l’argent du ménage pour les besoins de la vie quotidienne. Le marché, l’église, la vogue sont les seules sorties de la fermière. Son statut social est un peu différent suivant qu’elle vit dans une petite ferme ou dans une grosse exploitation. Très au courant du travail de leur mari beaucoup de paysannes pendant la guerre de 1914 ont dû assurer toute la responsabilité des fermiers avec un personnel jeune (seize ou dix sept ans) ou âgé (plus de 47 ans) qui n’avait pas été mobilisé. Les conséquences de la guerre ont été terribles pour la campagne. La profession agricole qui fournissait les fantassins s’est trouvée devant une dure réalité. Une partie importante de la population masculine paysanne a payé un lourd tribut par la disparition des hommes et le lot des blessés graves ou des handicapés.