Extrait de « La voix des cloches. 150 ans à l’ombre du clocher de Marboz »
« …Le suisse
Monsieur Prosper MICHEL était le « suisse » de Marboz. Il avait succédé à Monsieur Salomon. Il était magnifique dans sa tenue rouge et or, avec son bicorne, son épée en bandoulière et sa hallebarde. A la messe, il se déplaçait en suivant toujours le même trajet. Au moment du sermon, il venait chercher le prédicateur pour le conduire à la chaire et attendait au pied de l’escalier afin de le reconduire à sa place à la fin du sermon. Pendant la consécration et l’élévation, il saluait en baissant sa hallebarde. Il marchait en tête des processions, précédant la Croix et les enfants de chœur. Les enfants en avaient peur car s’ils n’étaient pas sages à la messe, on leur disait : « Fais attention, le suisse va te voir ». Son regard fixe, à cause de son œil de verre, ne les rassurait pas…. »
Le 2 juin 1914, Marboz fête Sainte Urbaine. L’église richement décorée a pris un air de fête.
Le clergé, les élus, les paroissiens du village et des paroisses environnantes assistent très nombreux aux messes, à la procession et à la vénération des reliques de la sainte patronne. Pendant très longtemps, chaque année, le premier mardi de juin la sainte fut vénérée à Marboz. Urbaine, jeune fille originaire de Rome, ayant vécu vers le IIème siècle, témoigne de sa foi jusqu’au martyre. Elle est ensevelie dans le cimetière des catacombes de Sainte Agnès. Le Père Chossat, natif de Marboz et en poste à Rome, obtient du pape Grègoire XVI le transfert des reliques de la sainte dans l’église de son village natal.
En juin 1842, la ville de Bourg, au couvent des religieuses de St Joseph, rend hommage au corps qui est ensuite conduit dans la chapelle des Couhardes à Marboz. Le matin du 7 juin 1842, le corps est transporté près de la Croix des Potences, sur un trône d’honneur sous une voûte de fleurs et de guirlandes. Les reliques sont alors portées en procession jusqu’à l’église. Plus de cent prêtres, plus de 8 000 personnes suivent cette procession. La vénération des reliques est faite aux vêpres par le clergé et les fidèles.
